Prise en charge du cerveau

Le TDAH ressemble à plusieurs problèmes de santé. Le processus d’évaluation du TDAH chez l’adulte permet de s’assurer qu’il s’agit du bon diagnostic. La confirmation du TDAH donne accès aux services et aux traitements appropriés. Cet article tente de répondre aux questions fréquemment posées.

Faire le bon diagnostic

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental complexe et le diagnostic n’est pas aussi facile à faire qu’on pourrait le penser. Il n’y a aucun test physique ou psychologique qui peut prouver la présence du TDAH. C’est en analysant les symptômes et les difficultés d’un individu, tout au long de sa vie, qu’un clinicien expérimenté peut faire le diagnostic.

Le problème, c’est que plusieurs diagnostics différents peuvent imiter les symptômes d’un TDAH. L’objectif du processus d’évaluation est d’identifier la cause de ces symptômes. Le TDAH est l’une de ces causes. En analogie, si votre nez coule (symptôme) vous devez en connaître la cause (rhume, allergie, etc.) afin de choisir le bon traitement.

Le TDAH est un diagnostic d’exclusion, c’est-à-dire qu’il faut éliminer tous les autres diagnostics potentiels pour le confirmer. Suite au processus d’évaluation, il y a trois conclusions possibles :

  1. Il n’y a pas de TDAH. Il est rare qu’un individu consulte pour rien. Si l’évaluateur ne retient pas le diagnostic de TDAH, il est probable qu’une autre cause sera trouvée pour expliquer les symptômes.
  2. Il y a un TDAH simple. Le TDAH explique toutes les difficultés.
  3. Il y a un TDAH avec une ou des comorbidités. Dans ces cas, le TDAH explique une partie des symptômes, mais un ou plusieurs diagnostics sont nécessaires pour expliquer l’ensemble du tableau clinique. Selon la situation, on pourrait prioriser le traitement du TDAH ou des comorbidités.

Quand l’on se reconnait dans les symptômes du TDAH, il peut être décevant de se faire dire que nous avons un autre diagnostic. Retenez simplement qu’obtenir le bon diagnostic est nécessaire pour obtenir le bon traitement et ainsi vivre plus paisiblement!

Les services publics

Le médecin de famille

Consulter dans les services publics de santé à l’avantage d’être la solution la plus économique. La première étape, si vous en avez un, est de consulter votre médecin de famille. De plus en plus de médecins sont en mesure de procéder au diagnostic de TDAH. Toutefois, certains médecins vous demanderont de vous faire évaluer par un psychiatre, par un psychologue ou un neuropsychologue.

Le psychiatre

La plupart des psychiatres (médecin spécialiste de la santé mentale) travaillent dans le secteur public. Toutefois, si votre situation n’est pas urgente, il est probable que l’attente soit longue (plusieurs mois, voire même plus d’une année).

Le psychologue ou le neuropsychologue

Il reste peu de ressources en psychologie pour l’évaluation du TDAH chez les adultes dans le secteur public. Dans les rares régions où elles sont disponibles, l’attente est très longue. Ces services nécessitent parfois une référence par un psychiatre.

Si vous êtes étudiant, certains établissements d’enseignement (cégep, université) offrent des services de diagnostics et de suivis du TDAH. La prise en charge est habituellement assez rapide.

Les services privés ($$$)

Si vous n’avez pas de médecin de famille, vous devriez déjà entreprendre des démarches pour en trouver un puisque ce dernier est indispensable pour l’accès à une médication et à certains services. Si ce n’est pas fait, inscrivez-vous au guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF).

La clinique de médecine privée

Si vous avez besoin de services et que vous n’avez pas encore de médecin, il est possible de consulter dans une clinique de médecine privée. Vous devrez payer pour être suivi par un médecin, mais la prise en charge est habituellement rapide.

Le psychologue ou le neuropsychologue

Vous pouvez prendre la décision de vous faire évaluer par un psychologue ou par un neuropsychologue. Vous n’avez pas besoin d’une référence d’un médecin, à moins que votre assureur l’exige pour vous rembourser. Certaines assurances ne remboursent qu’une partie de l’évaluation, soit le temps passé dans le bureau en présence du psychologue (et ne couvre pas le temps de correction des tests et la rédaction du rapport). Vous pouvez aussi déduire le coût de l’évaluation dans les frais médicaux de votre déclaration de revenus.

La plupart des psychologues et des neuropsychologues qui font des évaluations du TDAH sont dans le secteur privé. L’offre est beaucoup plus grande qu’avant. Les prix varient beaucoup d’un professionnel à l’autre en fonction de leur protocole d’évaluation. Il existe deux types d’évaluation :

1. L’évaluation clinique

Il s’agit essentiellement d’une entrevue dans laquelle vous discutez de vos symptômes avec l’évaluateur. L’objectif est de documenter vos difficultés, de votre enfance jusqu’à maintenant. Il y a habituellement des questionnaires à remplir pour vous et pour vos proches. Ces derniers pourraient aussi être questionnés. On documentera également votre état de santé, si vous prenez des médicaments, vos antécédents familiaux, etc.

Idéalement, une partie importante de l’évaluation devrait être consacrée à mesurer les troubles psychologiques. La présence d’un autre diagnostic sur le plan psychologique aura souvent une grande importance pour choisir un traitement approprié. Régulièrement, des comorbidités échappent à l’évaluation initiale et sont trouvées en cours de traitements.

2. L’évaluation psychométrique ou neuropsychologique

En plus de l’évaluation clinique, on vous fera passer des tests pour mesurer vos fonctions cognitives comme votre attention, votre mémoire, votre intelligence, vos fonctions exécutives, etc. Ce type d’évaluation est la plus répandue. Elle est plus longue et plus coûteuse. Elle permet de préciser s’il y a d’autres diagnostics neurologiques que le TDAH comme un trouble d’apprentissage (dyslexie, dyscalculie, etc.) ou les séquelles d’un traumatisme cranio-cérébral (TCC).

L’évaluation psychométrique est-elle meilleure ?

L’évaluation psychométrique, c’est la meilleure façon d’être évalué, car elle mesure tous les cas de figure. Mais à mon avis, l’évaluation clinique seule, réalisée par un clinicien spécialisé dans le TDAH, est souvent suffisante en plus de réduire les coûts. Une évaluation psychométrique ne devrait être nécessaire qu’à l’occasion, pour éliminer ou confirmer un autre problème de santé, surtout d’origine neurologique. Il est dommage que les évaluations cliniques ne soient pas plus répandues en psychologie. Cela augmenterait l’accessibilité aux soins du TDAH. Plusieurs arguments soutiennent le fait de ne pas recourir systématiquement à une évaluation psychométrique pour évaluer le TDAH chez l’adulte :

  1. C’est le type d’évaluation que font les médecins de famille et les psychiatres.
  2. L’évaluation clinique permet d’identifier les personnes pour qui une évaluation psychométrique serait nécessaire pour préciser le diagnostic.
  3. Une évaluation psychométrique anormale ne permet pas de confirmer la présence d’un TDAH. Il n’y a pas de profil cognitif typique pour un adulte atteint de TDAH.
  4. Les études nous montrent que des adultes dont le TDAH est confirmé, et qui ont des problèmes fonctionnels importants, peuvent avoir une évaluation psychométrique complètement normale.
  5. Certains intervenants justifient l’évaluation psychométrique en suggérant que les résultats serviront à préciser les forces du client pour ajuster les interventions psychosociales. Sauf exception, je ne suis pas d’accord avec cette position. Ce sont les déficits fonctionnels et non les tâches de laboratoire qui devraient orienter les traitements. Par ailleurs, une grande partie des techniques d’organisation seront les mêmes, peu importe les forces et les faiblesses du client.

J’espère que ces informations vous seront utiles pour prendre des décisions. Souvent quand on est atteint d’un TDAH, il est difficile de se mobiliser pour entreprendre des démarches. Je vous souhaite de trouver la motivation de passer à l’action pour améliorer votre qualité de vie.

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